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Covid-19 : A Lisieux, le cabinet d’expertise comptable Tacher Acogex au plus près des entreprises

Le cabinet d’expertise comptable Tacher Acogex compte 90 personnes sur l’ensemble de ses quatre sites dont 20 salariés à Lisieux (Calvados) qui ont dû répondre aux questions, rassurer et gérer les démarches d’aide pour plus de 3 000 clients dès le début du confinement le 16 mars 2020. Jean-Sébastien de Langenhagen, expert-comptable associé du cabinet, témoigne de cette expérience inédite.

A l’annonce du confinement, quelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

De nombreuses nouvelles questions se sont posées en l’espace de quelques jours, dont certaines tombaient les unes par-dessus les autres. Les mails pleuvaient comme des bombes, entre informations et questions des clients. Du jamais vu en 24 ans de carrière ! Nous faisons plus de 5 000 paies par mois sur l’ensemble de nos sites (Lisieux, Caen, Falaise et Argentan). Ce fut une horreur de faire les paies en mars. Entre l’activité partielle, les salaires variables, les 1 500 € pour les commerçants, la prime de 1 000 € pour les salariés exposés au Covid-19, les demandes de prêts garantis par la BPI… Par exemple, pour l’aide des 1500 €, on a fait les premières demandes le 1er avril alors que les dernières précisions nous sont parvenues le 20. Et nous avons été de déception en déception. Plus on avançait dans le temps, plus c’était restrictif. Les clients étaient hyperdemandeurs et perdus. Nous les avons aidés à copiloter l’entreprise dans un brouillard d’une épaisseur incroyable.

« 90% des secteurs d’activité sont touchés »
Quel secteur d’activité est selon vous le plus touché par cette crise ?

Je dirais 90% des secteurs d’activité sont touchés. Evidemment on pense à tous les commerces fermés : fleuriste, textile, restauration… Mais ceux qui ont pu rester ouverts ont connu une baisse d’activité terrible. Je pense aux boulangers par exemple. Au milieu médical également. Avec le Covid-19, plus rien ne fonctionne comme avant. Comme les médecins prescrivent moins hors COVID, les pharmaciens, les ambulanciers sont aussi touchés. En raison de la pandémie, de nombreux chantiers sont encore à l’arrêt parce qu’il est difficile de gérer sur un même site l’intervention de plusieurs corps de métier en même temps.

Quel est votre rôle en pareilles circonstances ?

On essaie d’accompagner nos clients pour que cela tourne aujourd’hui mais aussi demain. Modestement on doit tout faire pour s’en sortir, pour que les gens sauvent leur trésorerie. On encourage les entreprises à se mettre à l’abri au maximum pour passer aujourd’hui grâce à ce qui est mis en place. Mais demain il va falloir rembourser, donc les conséquences sont à moyen et à long termes. On ne sait pas quelles activités vont reprendre normalement et quand. Comment peut-on prévoir quoi que ce soit ? Social, aides, financements… On les accompagne sur cette période délicate dont on ne connaît pas la fin.

« Après le confinement, je consomme localement »
Comment les aider demain ?

Il faut que tout le monde s’implique dans l’économie locale et arrête de commander à tout va sur Internet, car c’est l’avenir de l’emploi, de nos familles, de nos voisins qui se joue. Il faut retourner dans les commerces, redonner de la vie à tout cela. Chacun doit prendre conscience de l’importance de cet acte de consommation de proximité. Nous avons à ce sujet édité une affiche téléchargeable sur notre page Facebook : « Après le confinement, je consomme localement, je vais chez mon commerçant et chez mon artisan ».

Et votre entreprise, comment a-t-elle vécu le confinement ?

Le 16 mars, c’était l’exode ici. Chacun des mes 20 collaborateurs est reparti chez lui avec son ordinateur portable et ses dossiers pour débuter le télétravail. Depuis, je suis seul au cabinet. Nous échangeons via Skype, cela permet également de rompre l’isolement en gardant un contact avec les collègues et de maintenir l’encadrement. Si l’un d’entre nous a un souci informatique, nous pouvons prendre la main sur son ordinateur à distance. Outre le téléphone et les mails, nos clients viennent déposer leurs documents au cabinet en respectant les gestes barrières. Ces documents sont placés en décontamination pendant 24 heures dans la salle de réunion C’est là que les collaborateurs viennent les chercher et les redéposeront. C’est une véritable plateforme logistique.

« On sortira grandi de tout cela »
Après le déconfinement prévu ce lundi 11 mai 2020, quelle sera votre organisation ?

A partir du 11 mai, nous maintenons le télétravail mais à mi-temps afin de diviser par deux le nombre de personnes au sein du cabinet. Nous avons investi dans des masques, du gel hydroalcoolique, des pulvérisateurs avec du désinfectant. Nous avons mené des réflexions sur les lieux collectifs : comment utilise-on la cantine ? Et pour le café ? Dans les toilettes ? La bibliothèque ? Il faut que les collaborateurs n’aient pas peur de venir travailler.

On a besoin de voir des clients. Les rendez-vous sont fondamentaux dans notre métier. Comment les accueillir en toute sécurité ? On ne veut pas mettre nos clients et notre personnel en danger. Outre les gestes barrières, nous avons mis en place des procédures de désinfection. Un endroit d’accueil déterminé et désinfecté après chaque passage. Les bureaux resteront strictement individuels, on continuera à travailler avec Skype d’un bureau à l’autre. Notre façon de travailler va changer mais jusqu’à quand ? Le chantier de demain est énorme. On sortira grandi de tout cela mais après un gros effort, un gros travail de réflexion.

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